Tournai et ses fortifications

I er siècle :

Une agglomération, située au centre d'un important noeud routier, se développe et connaît un rapide essor économique.
La conquête de la Bretagne en l'an 43 par les troupes de l'empereur Claude provoque l'établissement d'un camp militaire romain à Tournai. Celui-ci se trouvait sur le site de la Loucherie.
A part ce camp, Tournai n'est pas entourée d'une enceinte durant le Haut Empire.

IV e siècle :

Emplacement des restes romains dans le quartier de la Loucherie
Emplacement des restes romains dans le quartier de la Loucherie

Tournai devient le chef-lieu de la «civitas Turnacensium». C'est à cette époque qu'elle reçoit une enceinte afin de se défendre contre les envahisseurs germaniques.

V e siècle :

En 430, les Francs Saliens s'emparent de la ville et en font la capitale de leur petit royaume.

IX e siècle :

881 :

Le passage des Normands provoque la fuite de la population et la destruction des remparts romains, déjà fortement endommagés.

898 :

Charles le Simple donne l'autorisation à l'évêque de Noyon de relever le rempart de la ville. Les travaux de cette enceinte, dite épiscopale, ne débuteront qu'au début du siècle suivant.

XII e siècle :

Vers 1147 :

La ville est érigée en commune.

1188 :

Philippe Auguste, roi de France
Philippe Auguste, roi de France

Tournai relève directement de la couronne française. Les rois de France vont s'efforcer de faire de Tournai «un boulevard de la monarchie à l'extrémité nord du domaine royal» afin de garder la frontière toute proche avec l'Empire et de faire peser une menace directe sur leurs turbulents vassaux, notamment le comte de Flandre.
Le roi de France, Philippe Auguste, accorde à la ville une charte de franchises, lui garantissant ainsi un lien direct avec la couronne.

1188-1202 :

La première enceinte communale protège les quartiers du Marché, de Saint-Piat et de Saint-Brice.

1197 :

L'antagonisme entre le roi de France et son vassal, le comte de Flandre, est de plus en plus fort et se traduit par une lutte armée dans laquelle les Flamands s'allient aux Anglais contre les troupes françaises. Dans ce contexte, le comte de Flandre et de Hainaut, Baudouin VI de Constantinople, vient assiéger la ville, mais sans succès.

XIII e siècle :

1213 :

Toujours dans le contexte de la lutte entre la Flandre et la France, Ferrand de Portugal, époux de la comtesse de Hainaut et de Flandre, Jeanne, prend la ville le 1 er octobre 1213. Mais cette victoire est remise en cause par le succès de Philippe Auguste à Bouvines en 1214.

1277 - 1282 et 1295 (pour la rive gauche), 1289 - 1302(pour la rive droite) :

Durant le XIII e siècle, la ville connaît un grand essor démographique. Celui-ci entraîne la création de nouveaux quartiers, tant sur la rive droite que sur la rive gauche de l'Escaut. Ceux-ci sont englobés dans une nouvelle enceinte plus vaste et bénéficiant des nouvelles avancées en matière de défense.

XIVe siècle :

1303 :

Siège de Tournai par les troupes anglo-flamandes
Siège de Tournai par les troupes anglo-flamandes

Tournai est de nouveau assiégée par les troupes anglo-flamandes. Le siège est levé suite à une trêve.

1340 :

Lors de la première phase de la Guerre de Cent Ans, les troupes anglo-flamandes viennent mettre le siège devant Tournai dans le but de s'emparer de cette tête de pont de la monarchie française sur les rives de l'Escaut. Cette fois aussi, ce sera sans succès.

XVI e siècle :

1513 - 1518 :

La forteresse construite par Henri VIII
La forteresse construite par Henri VIII

La ville passe sous domination anglaise pendant cinq ans suite à la prise de Tournai par le roi d'Angleterre Henri VIII, allié à l'empereur Maximilien d'Autriche contre le roi de France Louis XII dans le conflit qui oppose les Habsbourg aux Valois.
Durant cette occupation, Henri VIII fait construire un fort sur la rive droite de l'Escaut. Cette citadelle, connue à Tournai sous le nom de « château», s'installe à l'abri des murs de la seconde enceinte communale, dans la paroisse de Saint-Nicolas de Bruille. Elle ne sera détruite qu'en 1669-1688, lors de l'aménagement des fortifications par Vauban.

1521 :

Tournai capitule face aux troupes de Charles Quint et passe sous domination espagnole durant près d'un siècle et demi.

1581 :

Prise de Tournai par Alexandre Farnèse en 1581
Prise de Tournai par Alexandre Farnèse en 1581
© Musée du Folklore de Tournai

Tournai se trouve mêlée aux troubles liés aux conflits religieux qui secouent les Pays-Bas espagnols au XVI e siècle. La ville accueille un grand nombre de calvinistes et est un des principaux centres de résistance à la politique de Philippe II. Afin de faire taire la révolte, le roi envoie Alexandre Farnèse, gouverneur des Pays-Bas, mettre le siège sous les murs de Tournai. Il s'en empare le 30 novembre 1581, malgré la résistance des habitants menés par Christine de Lalaing, princesse d'Epinoy.

XVII e siècle :

1667 :

L'armée de Louis XIV campe devant Tournai
L'armée de Louis XIV campe devant Tournai
© Musée du Folklore de Tournai

Dans le cadre de la guerre de Dévolution opposant la France et l'Espagne, Turenne s'empare de Tournai.

1667-1674 :

Une nouvelle citadelle est construite dans le cadre du réaménagement des fortifications par Vauban.

1668 :

La ville se trouve de nouveau attachée à la France suite au traité d'Aix-la-Chapelle.

XVIII e siècle :

1709 :

La ville tombe sous les coups de l'armée coalisée regroupant l'Angleterre, les Provinces-Unies et l'Empire lors de la guerre de Succession d'Espagne.

1713 - 1715 :

Suite aux traités d'Utrecht et de Rastatt, la ville passe sous domination autrichienne, comme le reste des Pays-Bas.

En 1715, suite au traité de la Barrière, elle devient l'un des maillons de la chaîne de forteresses mises en place par les Provinces-Unies pour se protéger de la France.

1745 :

La bataille de Fontenoy
La bataille de Fontenoy
© Musée du Folklore de Tournai

La France met à profit sa victoire lors de la bataille de Fontenoy, épisode de la guerre de Succession d'Autriche, pour reprendre Tournai.

1748 :

Suite au traité mettant fin à la guerre de Succession d'Autriche, la France doit restituer Tournai à l'Autriche.

Louis XV met à disposition de la ville le terrain à l'intérieur de la citadelle et l' esplanade qui la précède.

1782 :

Joseph II, désireux de se débarrasser de la présence des Provinces-Unies sur son territoire, ordonne le démantèlement de plusieurs places fortes, dont celle de Tournai. François-Joseph Péterinck, qui créera la manufacture de porcelaine qui portera son nom, en commence le démantèlement. Il ne conserve que le mur entourant la ville et le fossé capital.

1783 :

Les magistrats de la ville font tracer des rues à l'emplacement de l' esplanade de la citadelle. Ces terrains et ceux des glacis sont mis aux enchères lors d'une vente publique.

1792 :

Pour contrer les Français, le gouverneur de la place forte reçoit l'autorisation d'augmenter les moyens de défense de la ville.

1794 :

Les troupes républicaines françaises occupent Tournai suite à leur victoire lors de la bataille de Fleurus. Cette occupation durera une vingtaine d'années.

Les Français décident de remettre en ordre les défenses de la ville. Ces travaux se terminent en 1803.

XIX e siècle :

1803 - 1805 :

La place forte est brièvement démilitarisée.

1816 - 1822 :

De nouvelles fortifications sont construites sur ordre du régime hollandais.

1840 - 1842 :

Le chemin de fer crée une brèche dans les remparts
Le chemin de fer crée une brèche dans les remparts
© Musée du Folklore de Tournai

La construction du chemin de fer opère une brèche dans les remparts.

1863 - 1869 :

Suite à l'arrêté royal de 1859, les fortifications et la citadelle tournaisiennes sont démantelées à partir de 1863. La place forte est déclassée.