Conflits, batailles et traités de paix

Guerre de Cent Ans
1337-1453

Il s'agit d'une série de conflits opposant la France à l'Angleterre. Tout commence en 1337 lorsque le roi d'Angleterre, Edouard III, réclame ses droits à la couronne de France en tant que descendant direct par sa mère de Philippe IV le Bel. Marquées d'abord par de graves revers français, les opérations militaires de grande envergure laissent la place à une guerre d'usure. A la mort de Charles V en 1380, le conflit s'est à peu près stabilisé et la politique conciliatrice de Richard II d'Angleterre, à la fin du siècle, laisse espérer une paix durable. Mais la folie de Charles VI et la rivalité des princes du sang affaiblissent la position de la France. Henri V d'Angleterre inflige à Azincourt, en octobre 1415, une terrible défaite aux Français. Le royaume en sort divisé en trois : maître de la Normandie, Henri V s'empare de Paris et se fait reconnaître comme légitime successeur par Charles VI ; Jean sans Peur et son fils, Philippe le Bon, affirment l'indépendance du duché de Bourgogne et des territoires flamands vis-à-vis de la France; replié à Bourges, Charles VII tient les provinces du centre et du sud-ouest. C'est de là qu'il retourne peu à peu la situation à son avantage, se fait couronner à Reims, reprend Paris en 1435, récupére la Normandie en 1450, puis la Guyenne en 1453, après la victoire de Castillon.

Guerre de Trente Ans
1618-1648

Il s'agit d'un conflit religieux et politique inauguré en 1618 par l'épisode de la défenestration de Prague. Puisant son origine dans l'antagonisme entre catholiques et protestants de Bohème et d'Allemagne, il s'internationalise et devient purement politique. En effet, le roi d'Espagne, Philippe IV, profite du conflit pour reprendre la guerre contre ses anciennes possessions, les Provinces-Unies. En 1635, la France, alliée à la Suède, entre en guerre contre l'Espagne et l'empire afin de réduire la puissance des Habsbourg et éviter l'encerclement de la France. Les combats sévissent dans toute l'Europe. Ils prennent fin avec la signature des traités de Westphalie, le 24 octobre 1648. La France y acquiert un rôle prépondérant en Europe.

Guerre franco-espagnole
1635-1659

Ce conflit, qui oppose la France et l'Espagne, prend naissance en pleine guerre de Trente Ans et se poursuit bien après. Il se clôture par la signature du traité des Pyrénées en 1659. Par celui-ci, la France rend à l'Espagne plusieurs places fortes flamandes. L'Espagne abandonne à Louis XIV l'Artois et une série de ville de Flandre, de Hainaut, du Luxembourg et du Namurois comme Landrecies, Gravelines, Le Quesnoy, ... Ce traité est également à la base du mariage de Louis XIV et de la fille du roi d'Espagne, Marie-Thérèse.

Traité des Pyrénées
1659

Signé le 7 novembre 1659, ce traité met fin aux hostilités entre la France et l'Espagne en guerre depuis 1635. L'Espagne y abandonne à la France l'Artois et une série de ville de Flandre, de Hainaut, du Luxembourg et du Namurois comme Landrecies, Gravelines, Le Quesnoy, ... Ce traité est également à la base du mariage de Louis XIV et de la fille du roi d'Espagne, Marie-Thérèse.

Guerre de Dévolution
1667-1668

Cette guerre entre l'Espagne et la France trouve son origine dans le traité des Pyrénées signé entre les deux pays en 1659. Un des articles de ce traité précise que la future reine de France, Marie-Thérèse, renonce à ses droits sur la couronne espagnole moyennant le versement d'une dot. A la mort de Philippe IV d'Espagne, père de Marie-Thérèse, son fils, né d'un second mariage, monte sur le trône. La dot de Marie-Thérèse n'ayant pas été versée, Louis XIV considère qu'elle a toujours des droits sur la couronne espagnole et ses possessions. Afin d'étayer son propos, il fait appel à une loi du droit brabançon appelée de "dévolution" pour réclamer les Pays-Bas espagnols. Il envahit donc la Flandre et la Franche-Comté. Il rend cette dernière lors de la signature du traité d'Aix-la-Chapelle le 2 mai 1668, mais garde plusieurs places, dont Lille, Tournai et Charleroi.

Traité d'Aix-la-Chapelle
1668 et 1748

Le premier traité, signé le 2 mai 1668, met fin à la guerre de Dévolution et permet à la France de garder plusieurs places fortes des Pays-Bas espagnols, dont Lille, Tournai et Charleroi. Le second traité, signé le 18 octobre 1748, met fin à la guerre de Succession d'Autriche.

Guerre de Hollande
1672-1678

En 1672, Louis XIV envahit les Provinces-Unies. Le roi de France veut détruire la concurrence maritime que les Provinces-Unies font au commerce français. Les Hollandais arrêtent l'armée française en ouvrant les écluses et en crevant les digues. Ils proposent la paix au roi, qui refuse. Ce sera le départ d'une guerre européenne opposant la France à la coalition menée par le stadhouder de Hollande, Guillaume d'Orange. Cette guerre se conclut par les traités de Nimègue. Ils permettent aux Provinces-Unies de récupérer Maastricht, donnent à la France plusieurs places fortes, dont Valenciennes et Maubeuge, ainsi que la Franche-Comté et assure la stabilité dans la Baltique.

Guerre de la Ligue d'Augsbour
1688-1697

La guerre de la Ligue d'Ausbourg a pour cause le soutien de Louis XIV aux partisans de Jacques II d'Angleterre et la politique d'annexion de la France. Elle oppose la France, gouvernée par Louis XIV, à une alliance de plusieurs pays (l'Empereur et plusieurs princes allemands, l'Espagne, la Suède, l'Angleterre, la Savoie et les Provinces-Unies). Le Hainaut y est mêlé car le roi d'Espagne, Charles II, accepte que ses places fortes soient occupées par des troupes hollandaises. Louis XIV décide donc de les prendre une à une afin de faire sauter le verrou de la frontière nord. Le traité de Rijswijck, le 20 septembre 1697, met fin aux hostilités. La France restitue à l'Espagne la ville de Luxembourg avec son duché, le comté de Chiny, Charleroi, Mons, Ath et sa châtellenie, Courtrai, ainsi que toutes les localités réunies à France depuis la paix de Nimègue (1678).

Guerre de Succession d'Espagne
1701-1714

La guerre de Succession d'Espagne a pour origine le testament de Charles II qui assure la couronne d'Espagne au petit-fils de Louis XIV, Philippe d'Anjou. Cela cause problème car Louis XIV lui conserve ses droits au trône de France. Or, l'Autriche, l'Angleterre et les Provinces-Unies ne veulent pas d'une seule couronne pour commander la France et l'Espagne et s'allient contre ces deux pays. Les Français subissent de lourdes défaites et en Espagne, le roi est chassé du trône. Louis XIV forme alors une nouvelle armée qui affronte l'armée coalisée à Malplaquet le 11 septembre 1709. Pendant ce temps, grâce à la victoire de Villaviciosa, en décembre 1710, Philippe V remonte sur le trône d'Espagne. Les négociations de paix se concluent par les traités d'Utrecht et de Rastatt.

Traités d'Utrecht et de Rastatt
1713 et 1714

Le 11 avril 1713, les diplomates européens signent à Utrecht un traité qui met fin à la guerre de Succession d'Espagne. Sa signature assure au petit-fils de Louis XIV, Philippe d'Anjou, la couronne d'Espagne, à condition qu'il renonce à ses droits sur le trône de France. Ce traité donne également lieu à une vaste redistribution des cartes en Europe. En ce qui concerne le Hainaut et la frontière nord de la France, les Provinces-Unies obtiennent d'y installer des garnisons dans huit forteresses (Furnes, Ypres, Menin, Tournai, Mons, Charleroi, Namur et Gand) afin de se prémunir de toute nouvelle agression. L'empereur Charles VI de Habsbourg reçoit la plupart des possessions espagnoles en Europe dont les anciens Pays-Bas. Le traité d'Utrecht est complété par le traité de Rastatt, signé le 6 mars 1714.

Traité de la Barrière
1715

Ce traité est signé le 15 novembre 1715 entre l'Autriche et les Provinces-Unies. L'empereur Charles VI y cède aux Provinces-Unies la Haute Gueldre et, en Flandre, le territoire situé au nord d'une ligne allant de Blankenberge à Heist. Les Provinces-Unies reçoivent en outre le droit de garnison dans plusieurs places fortes des Pays-Bas autrichiens. Ce traité souligne également que le catholicisme est la seule religion tolérée dans les Pays-Bas et ratifie la fermeture de l'Escaut.

Guerre de Succession d'Autriche
1740-1748

La guerre de Succession d'Autriche a pour origine la contestation de la Pragmatique Sanction de 1713 qui assure à Marie-Thérèse, la fille de l'empereur Charles VI, le trône de l'empire. A la mort de l'empereur, la succession est réclamée par plusieurs candidats. La France se joint à leur coalition. Pour faire face, Marie-Thérèse cède la Silésie à la Prusse et accorde la paix à la Bavière. Elle fait ensuite proclamer empereur son époux, le duc François de Lorraine. La France profite du conflit pour envahir les Provinces-Unies suite à sa victoire lors de la bataille de Fontenoy le 11 mai 1745. La guerre se conclut sur le traité d'Aix-la-Chapelle qui reconnaît la Pragmatique Sanction et la cession de la Silésie à la Prusse.

Fontenoy
1745

Le 11 mai 1745, durant la guerre de Succession d'Autriche, les Français, commandés par Maurice de Saxe, remportent une brillante victoire sur les Anglais et les Hollandais à Fontenoy, non loin de Tournai. Elle permet à la France d'entreprendre la conquête des Pays-Bas.

Révolution brabançonne
1789-1790

Ce mouvement révolutionnaire éclate dans les Pays-Bas autrichiens suite aux réformes mises en place par l'empereur Joseph II. Ces réformes vont notamment à l'encontre des droits acquis par les différents Etats (comtés, duchés,... ) constituants les Pays-Bas et de la religion catholique. Après avoir chassés les armées autrichiennes et s'être déclarés indépendants, les Etats généraux proclament les « Etats belgiques unis » le 11 janvier 1790. Rapidement, des clivages apparaissent et la coalition sombre onze mois plus tard. L'Autriche entreprend alors la reconquête des Pays-Bas.

Jemappes
6 novembre 1792

Après avoir déclaré la guerre à l'Autriche le 20 avril 1792, les Français se lancent à la conquête des Pays-Bas autrichiens. Ce conflit connaît son apogée le 6 novembre 1792. Les volontaires de l'armée française, commandés par Dumouriez, battent les soldats autrichiens à Jemappes, près de Mons. Après leur défaite, les Autrichiens évacuent la Belgique.

Fleurus
26 juin 1794

La Convention, assemblée française élue en 1792, désire faire acquérir à la France une frontière naturelle avec le Rhin. Elle charge donc le général Jourdan de la conquête de la Belgique. L'armée autrichienne s'installe tout prêt de la Sambre dans le but d'en barrer le passage aux Français. Ces derniers parviennent à s'installer sur la rive droite de la Sambre et à repousser tous les assauts autrichiens. Cette victoire française permet à l'armée de Jourdan de se construire une tête de pont sur la Sambre et, de là, de conquérir la Belgique.

Congrès de Vienne
1814-1815

Ce congrès réunit à Vienne les pays vainqueurs de Napoléon. Il s'agit de remodeler les frontières de l'Europe. Il y est décidé, entre autre, de l'amalgame de la Belgique et des Provinces-Unies. Guillaume, fils ainé du dernier stadhouder des Provinces-Unies, est placé à la tête du royaume.

Révolution belge de 1830
1830

Lors du Congrès de Vienne, il est décidé de reconstituer les Pays-Bas en réunissant les neuf départements belges aux Provinces-Unies. L'expérience n'est pas heureuse. En dépit de la complémentarité entre, d'une part, l'agriculture et l'industrie belges et, d'autre part, le commerce hollandais, et malgré la prospérité d'Anvers et de Gand, de vieux facteurs de division - la langue et la religion - sont toujours à l'oeuvre. Guillaume I er, placé à la tête du royaume, a tendance à traiter les Belges en citoyens inférieurs. Il annexe les territoires au lieu de les considérer comme des partenaires égaux au sein du pays. La désapprobation générale aboutit à la formation de l'Union de l'opposition en 1828. Mais malgré le développement de l'hostilité envers les Hollandais, il faut attendre l'arrivée à Bruxelles des nouvelles de la Révolution de Juillet à Paris, pour qu'un soulèvement soit possible. Le 25 août 1830, la révolution éclate lors de la représentation d'un opéra d'inspiration patriotique, la Muette de Portici. Dans un premier temps, GuillaumeI er réagit modérément et envoie son fils, le populaire prince d'Orange, à Bruxelles. Ce dernier entre dans la ville mais les barricades et l'attitude de la foule le dissuadent d'amener ses troupes. Après son retour à La Haye, un « comité de salut public » modéré est formé. Cependant, des éléments de Wallonie et de France continuent d'affluer vers Bruxelles. Le 20 septembre, l'hôtel de ville est pris d'assaut et le comité doit se disperser. Le roi réagit plus vigoureusement, mais, après trois jours de combats dans le parc de Bruxelles, les Hollandais sont contraints de se retirer le 27 septembre. Deux jours plus tôt, les révolutionnaires ont formé un gouvernement provisoire. Le 4 octobre, celui-ci proclame l'indépendance de la nation. Un mois plus tard, un congrès national élu se réunit pour élaborer un projet de Constitution et pour choisir un chef d'Etat.

Sedan
1870

Le 1 er septembre 1870, les Français sont défaits à Sedan par l'armée prussienne. Cette bataille est le point d'orgue d'une guerre engagée par Napoléon III le 19 juillet 1870. Les Français subissent en effet plusieurs défaites qui les obligent à se replier dans la place forte de Sedan. Le lendemain de la bataille, Napoléon III capitule. À Lyon, Marseille et Paris, sitôt connu le désastre de Sedan, l'empereur est déchu et la République proclamée. Le gouvernement provisoire poursuit la guerre. La capitale française va alors subir un siège éprouvant jusqu'à l'armistice de janvier 1871.